dimanche 28 mai 2017

2017-05-28 POURSUITE DES TRAVAUX PRÉPARATOIRES

Salut groupe,

Le dernier article date d'il y a longtemps, je vous entends déjà répandre la rumeur que j'ai abandonné le projet, mais NON!

Depuis la dernière fois qu'on s'est vu, je suis allé une semaine à San Diego, 10 jours au Moyen Orient, quelques jours en Illinois, une semaine à Baie-Comeau et une autre semaine à Sept-Iles.

Ça bouffe du temps ça.

Sans compter que le temps que j'ai passé à la maison a surtout été consacré à finir mes autres projets.

En effet, si je veux me libérer à 100% sur la construction d'un nouveau bateau, je dois fermer les autres projets avant et ça me prend un peu plus de temps que prévu.

Récapitulons:

PIERRE-JEAN (Trawler acier 30 pieds)

J'ai passé l'hiver et le temps que j'avais au printemps pour décaper, sabler et vernir les portes et cadres de fenêtres.
Le bateau étant à Roberval, j'ai passé 3 fins de semaine complètes et mon père a passé 2 fins de semaine sur les 3 avec moi, plus une semaine pour fabriquer de nouvelles pièces pour remplacer certaines parties de la charpente qui étaient pourries.
La liste non exhaustive des travaux comprend:

  • Ré-installation de la transmission avec l'aide très appréciée de Frédéric du DHARMA
  • Changement d'huile et remplacement des filtres à diesel
  • Enlèvement du tapis
  • Remplacement de cadres de fenêtres
  • Découpe d'une nouvelle trappe pour un meilleur accès au moteur
  • Sablage du toit
  • Peinture du toit et de la cabine
  • Pose d'un nouveau revêtement de plancher
  • Pose des cadres de fenêtres et des portes
  • Étanchéisation (c'est pas un très beau mot mais il existe pour vrai) des fenêtres avec environ 7 tubes de mastic.
  • Corrections à la peinture de la ligne d'eau (la bande bleue était endommagée)
  • Sablage et peinture du gouvernail.
  • Etc.
C'est beaucoup mais il était vraiment dû. On devrait avoir la paix pour quelques années, à moins que le moteur ne fasse des siennes (je pense qu'il perd un peu d'huile). Le pauvre est tout de même âgé de 57 ans. Il tourne encore très bien toutefois:

Voici maintenant un petit aperçu des résultats:

La transmission posée

Le nouveau plancher au rez de chaussée

Le nouveau plancher au sous-sol

Un aperçu des portes et fenêtres

Vue de l'extérieur. Vous ne devinerez jamais à quel endroit j'ai réparé la bande bleue à la ligne de flottaison.

Maintenant que les travaux du Pierre-Jean sont terminés, il reste à le mettre à l'eau. Le niveau du Lac St-Jean était trop élevé pour faire ça le jour prévu alors on a reporté d'une semaine:

Et quand tout le monde fut enfin prêt, les travailleurs de la construction ont déclenché la grève. En quoi ça nous affecte? Il faut une grue de 90 tonnes pour mettre les bateaux à l'eau et les grutiers sont membres du syndicat. Même si la mise à l'eau des bateaux n'est pas officiellement une activité "construction", les opérateurs de grue ont cessé les travaux durant la grève.

Tu sais quoi? Ça fait mon affaire parce que maintenant que le Pierre Jean est terminé, il faut que je m'attaque à Éole. J'ai plus de 2000$ de droits d'entrée et de quai et de payés d'avance pendant que ce bateau dort sur mon terrain.

Je profite donc de la fin de semaine pour m'y attaquer parce qu'après, on va passer les fins de semaine sur le bateau et je vais avoir seulement les soirées de semaine de disponibles:

EOLE (Dériveur de 20 pieds en fibre de verre)

C'est le bateau qui va servir de condo aux enfants quand on est à Roberval. D'ailleurs, j'avais pensé le renommer CON D'EAU (histoire de faire un jeu de mots poche avec EAU comme tout bon plaisancier) mais Caroline m'a fait de gros yeux et j'ai abandonné l'idée. On va quand même peut-être le renommer, on verra ça quand on va voir son look final.

Parce qu'il va changer de look.

En effet, je pensais avoir seulement un peu de peinture intérieure à refaire ainsi qu'un bon nettoyage extérieur, mais en analysant la situation, j'ai trouvé quelques infiltrations d'eau alors j'ai enlevé tout l'accastillage du pont histoire de refaire la peinture extérieure avant de reposer le tout de façon plus étanche.

Voici donc:

Première étape, construire un ESCALIER (certaines mauvaises langues prétendent que c'est une échelle, mais j'ai moins de 75 degrés d'angle https://fr.wikipedia.org/wiki/Escalier#Angles_de_pente_courants)

Ça donne ça:


Cet escalier me permettra de monter et descendre facilement même avec les deux mains chargées d'outils.

Un aperçu du rouf avant déshabillage.

Ça fait peur mais c'est moins pire que c'en a l'air.

Deuxième étape, retirer tout ce qui peut être retiré de la superstructure, incluant les mains courantes en bois et les cadrages de trappe d'accès qui ont été repeints à maintes reprises et qui montrent des signes de pourriture. Je vais en fabriquer de nouvelles en teck. J'ai pris de multiples photos avant de tout enlever afin d'avoir une archive de la position de chaque composant...

Troisième étape, sablage intégral. Extérieur. Intérieur. Coque. Tout y passe.

Voici à quoi ressemblait le bateau en fin de journée hier après environ 6 heures de sablage:

C'est déjà plus sexy non?

Aujourd'hui, je termine le sablage extérieur. Après, je recouvre le tout d'une bâche en plastique pour le protéger contre la pluie en attendant la livraison de la peinture. Je vais aussi devoir m'attaquer au sablage intérieur et fabriquer les nouvelles pièces de bois.

La superstructure et l'intérieur auront droit à une couche d'apprêt et deux couches de finition (incluant un agent antidérapant pour le pont), quant à la coque ce sera deux à trois couches de finition. On hésite encore quant à la couleur.

KRAKEN quant à lui dort encore dans le garage en attendant la réparation du taquet et du mât.

Et le KRAKEN II dans tout ça?

Si  je commence la construction, ça va seulement ralentir les autres projets alors je retiens mes ardeurs pour commencer les travaux. Cela ne m'empêche pas de continuer mes lectures et ma planification. Je commence à avoir une bibliothèque intéressante. Tout ça me permettra de sauver beaucoup d'énergie au moment opportun.

Voici quand même l'état d'avancement de ma planif: J'ai fait un croquis de ce qui me servira à transcrire les plans afin de préparer les sections de cadres structuraux:


Mine de rien, ça va me prendre un espace de 16 pieds par 8 pieds pour tracer les cadres. Je vais donc utiliser des panneaux de contreplaqué que je vais pouvoir assembler et démonter à ma guise. Évidemment, puisque c'est symétrique, je vais pouvoir faire ça en deux panneaux de 8 par 8, ce qui entre dans mon salon. À suivre.

samedi 18 février 2017

2017-02-17 PLANIFICATION

L'hiver, c'est pas nécessairement le meilleur temps pour commencer la construction d'un bateau, mais c'est le bon temps pour faire de la planification.

Surtout qu'avant d'entamer la construction, j'ai des choses à finir sur 3 autres de mes bateaux (eh oui, c'est ça quand on est un armateur amateur (mais quand même pas arnaqueur)!):

PIERRE-JEAN Trawler de 30 pieds en acier

Photo de Jean-Francois Desmeules.
Moulures à sabler...
  • Sabler et vernir (minimum 6 couches) l'ensemble des moulures de fenêtres, des deux portes extérieures et des écoutilles dont le vernis avait fini par peler avec le temps

    Photo de Jean-Francois Desmeules.
    Vernissage en cours...
  • Faire remplacer le joint d'étanchéité de la transmission et réinstaller cette dernière (ça m'avait pris deux jours juste pour l'enlever, j'appréhende la pose...)
    Photo de Jean-Francois Desmeules.
    Viens dans la cale, je vais te montrer un gros shaft...
  • Remplacer le recouvrement de plancher
  • Sabler et repeindre le gouvernail
  • Faire les retouches à l'antifouling
  • Le tout avant la mise à l'eau
KRAKEN Dinghy à voile de 8 pieds en bois et fibre de verre
  • Réparer le taquet bâbord arrière qui avait été arraché lors d'une tempête
    Taquet victime d'une attaque météo...
  • Ajuster le jeu du mât. Le mât en bois est emboîté dans un tube d'aluminium. Le jeu était un peu juste et l'humidité avait fait gonfler le bois. Pour enlever le mât j'avais dû scier des rainures sur les 4 faces du tube d'alu. Je dois donc sabler le mât de bois pour ajuster le jeu, revernir le tout et renforcer la partie d'alu qui a été rainurée
  • Faire des retouches de peinture car le pauvre petit voilier a été sévèrement rudoyé durant l'été
  • Installer une protection sur le franc-bord pour éviter les égratignures lorsque la coque frappe sur celle du Pierre Jean à l'ancre.

EOLE Voilier de 20 pieds en fibre de verre
Éole qui attend sagement de se rendre à quai...
  • Boucher le trou dans la coque
  • Refaire la trappe d'accès
  • Remplacer les cordages
  • Refaire l'électricité (très basique tout de même: Une simple batterie, un chargeur et des feux de position)
  • Repeindre l'intérieur
  • Renforcer le mécanisme de dérive rétractable
  • Trouver un moteur hors-bord de 4-6 forces (La "force" est une unité de mesure de puissance, sachant qu'en physique la puissance est le produit de la force par le temps).
Bon. Je relis cette liste et j'ai presque l'impression que je ne commencerai jamais le KRAKEN II!

Tout de même, c'est moins pire que c'en a l'air: Le vernissage des boiseries du Pierre Jean se fait à la maison, de même que tous les travaux du Kraken, qui dort sagement dans le garage. Les travaux sur Éole se feront les soirs de semaine et rien ne m'oblige à presser la mise à l'eau, qui pourra se faire en juin. D'ailleurs, j'ai eu ma place à quai à Roberval, ce qui permettra aux enfants, qui commençaient à être à l'étroit sur le Pierre-Jean, d'avoir leur propre bateau pour dormir.

La planification maintenant:

Première chose à faire lorsqu'on reçoit des plans électroniques: Les faire imprimer. Les instructions pour l'impression étaient très claires: A0 ou A1 pour les plans d'assemblage (je préfère A1 qui est un format plus "portable"), et largeur A0 pour les patrons grandeur nature dont la longueur varie. Certains sont très longs et encombrants, j'ai dû les dérouler sur le plancher du salon, et encore, il a fallu déplacer des meubles.
Les patrons à aligner sur le plancher..
Une fois les plans imprimés et déroulés commence l'étude. Les patrons grandeur nature serviront à réaliser des gabarits en bois qui serviront ensuite à fabriquer les cadres.

Non seulement les patrons grandeur nature sont immenses, ils doivent être juxtaposés pour pouvoir compléter la plupart des cadres. Première surprise, je ne suis pas capable d'aligner l'une des feuilles. Panique à bord! Il faut trouver pourquoi.

J'aligne et réaligne, rien à faire. Les lignes ne correspondent pas tout-à-fait. Je soupçonne une erreur d'impression. Je valide certaines mesures avec le plan "TABLE OF OFFSETS" qui donne les coordonnées X-Y-Z de chaque point important de la coque par rapport aux axes. Ah ha: l'une des feuilles présente une courbure. Est-ce une erreur d'impression? Est-ce que le papier est déformé par l'humidité?
J'analyse la version que j'avais imprimée en 11x17 et je découvre la même courbure, presqu'invisible à l'oeil sur ce format. J'ouvre l'ordinateur et vérifie le fichier: Même courbure, encore moins visible sur l'écran.

Il s'agit donc d'un problème de scanner du côté de chez Bruce Roberts, que je m'empresse de lui signaler par courriel. Comme il semble peu enclin à rescanner ces plans (qui datent tout de même de 1983), je vais effectuer les corrections moi-même en utilisant la Table of Offsets et en retraçant les lignes à corriger. Travail très simple pour un ingénieur en mécanique et qui de toute façon me permettra de mieux comprendre encore le design de la coque.

Table of Offsets: La clé pour valider les mesures...
Je commencerai les gabarits un peu plus tard, lorsque j'aurai terminé les travaux sur les autres bateaux ou à la première opportunité si je dois attendre une météo intéressante pour les dits travaux.

Planification du chantier maintenant. La construction d'un voilier de 37 pieds en acier exige un certain espace répondant à plusieurs critères.

L'emplacement d'abord. Impossible de penser faire ça sur le terrain de ma résidence. L'espace est un peu limite, mais surtout, la pente est excessive et la construction d'un bateau en acier génère beaucoup d'inconvénients pour les voisins car c'est très bruyant. De plus, les câbles électriques tout autour compliqueraient le travail des grutiers lors du retournement de la coque et autres manutentions.

Je m'installerai donc dans le parc industriel, sur une parcelle du terrain de mon entreprise. Aucune plainte possible de la part des voisins, espace suffisant et facilité d'approvisionnement pour les matériaux, sans oublier que ça limite les déplacements et donc me permettra de maximiser mon temps.

Quel espace ça prend dites-vous? Environ 20 pieds par 60 pieds, que je vais clôturer avec des barrières de chantier pour éviter les vols et le vandalisme. Je devrai aussi construire un petit abri pour entreposer les nombreux outils.

Parlant d'outils, je me suis équipé en outils sans fil Makita 18V et j'ai un stock de batteries. L'électricité 120V ne sera pas requise pour la plupart de mes besoins. Pour le soudage c'est une autre histoire. J'envisage donc l'achat d'une soudeuse munie d'un moteur à essence qui servira aussi au besoin de génératrice car je préfère être autonome côté énergie plutôt que d'avoir à faire des branchements électriques temporaires et risquer de me faire voler mes câbles (eh oui, bienvenue à Jonquière, mot amérindien qui signifie "La où les voleurs de cuivre sévissent").

À suivre!