samedi 27 janvier 2018

2018-01-27 SUITE ET FIN

Grosse décision de prise durant le temps des fêtes.

En effet, après mûre réflexion, j'ai décidé de mettre fin au projet pendant que c'était le temps.

Je m'explique.

Un an après avoir commencé, mon niveau d'avancement est de moins de 1%.
En effet, j'ai à peine commencé à tracer les gabarits sur des feuilles de MDF.

Voici une photo du bateau au stade d'avancement actuel:


Il faut dire que j'ai été passablement occupé dans ma vie professionnelle et privée. J'ai passé plusieurs semaines à l'extérieur sous forme de divers voyages tant au Québec qu'à l'étranger, et les déplacements se font souvent durant la fin de semaine, sans compter le décalage horaire et la fatigue. Ça réduit de beaucoup le temps disponible pour le projet.

Par ailleurs, j'ai quand même d'autres travaux en simultané: J'ai passé presque tout mon temps libre l'été dernier à retaper le voilier Éole (maintenant connu sous le nom de Phénix). J'ai même consacré plus de 70 heures dessus pendant ma première semaine de vacances. Disons que ça m'a relativement épuisé, après un tel effort il est important de prendre une pause. Voici tout de même un aperçu du résultat (La photo a été prise lors de la première sortie, on voit que la grand voile est encore fripée...):




Et un lien vers l'album complet: PHENIX-ALBUM PHOTO

Donc, pas mal de temps de consacré à la restauration de ce voilier, et en plus, je n'ai pas encore fini: Je dois travailler sur le pivot de dérive qui est bloqué en raison d'une coulure d'epoxy qui fait en sorte que la dérive ne descend pas, je dois fabriquer une barre franche (j'ai passé le reste de l'été dernier à naviguer avec une barre franche en 2x4), je dois installer l'électricité (incluant des feux de navigation), il y a une ou deux réparation à faire sur certaines pièces qui ont brisé, etc.

C'est sans oublier les travaux d'entretien qui n'arrêtent pas sur le Pierre-Jean, etc etc etc.

Et en plus, j'ai toujours plusieurs travaux en cours que je n'ai pas nécessairement envie de sacrifier pour libérer du temps à un plus gros objectif: refaire les armoires de cuisine, fabriquer des meubles, rénover un canot pour des amis, and so forth.

PASSÉ PROCHE

J'ai passé proche d'avoir un saut quantique dans le niveau d'avancement en décembre dernier. En effet, il y avait un projet de R370 inachevé dans le coin de Montréal qui était à vendre. Même modèle, même type de coque, sauf la cabine qui était différente. Tout l'acier complété et prêt à sabler. J'aurais eu seulement à le transporter jusqu'ici et démanteler la cabine (c'était la version cockpit central alors que je voulais un pilothouse) et en refaire une nouvelle. Facilement 3-4 ans de sauvés. Malheureusement (ou peut-être heureusement à bien y penser) la coque a été vendue à un autre avant que j'aie l'opportunité d'aller l'inspecter en personne, ce qui me ramenait à la case départ.

GROSSE DÉCISION

Ça fait que j'ai fait une analyse de risque du projet pendant le temps des fêtes.
À 42 ans, avec une entreprise qui fait des affaires à l'international, une famille, deux bateaux à entretenir et plusieurs projets en cours, j'en suis venu à la conclusion que poursuivre un si gros projet en parallèle risquait fort de ne jamais être complété. En plus, chaque fois que je travaillais sur autre chose, j'avais toujours en arrière plan une certaine culpabilité de ne pas faire avancer le bateau.
J'ai donc pris la décision d'arrêter tout ça avant d'investir plus de temps et d'argent. Ça m'aura coûté 1000$ de plans et livres divers, c'est quand même moins pire que d'arrêter à 50% d'avancement.

C'est certain que ça ne fait pas mon affaire totalement, j'aurais vraiment aimé avoir un bateau 100% personnalisé construit de mes propres mains. D'un autre côté, une auto-construction implique d'avoir à acheter chaque composant au prix de détail, ce qui revient pas mal au même prix qu'un bateau neuf.

Pis tsé, j'haïrais pas ça me faire un petit runabout un moment donné...

ET MAINTENANT?

Ce n'est pas parce que j'ai décidé de mettre fin à la construction que la motivation originale est disparue. En effet, l'objectif d'avoir un voilier habitable pour naviguer vers les horizons lointains est toujours présent.

Considérant que je possède les habiletés pour restaurer un bateau de fibre de verre de A à Z, et vu l'immense quantité de bateaux usagés de diverses conditions disponibles sur le marché, je pense bien que je vais me donner quelques années pour magasiner le bateau de mes rêves, que je pourrai acquérir avec un budget raisonnable, et utiliser tout en le rénovant. On fait alors d'une pierre deux coups.

On peut toujours rêver aussi. Si les affaires sont bonnes, je pourrais aussi bien ressortir les plans et les faire fabriquer par un chantier naval. Ou encore acheter un Nauticat 37 flambant neuf.

En attendant, vous me verrez sillonner le Lac-St-Jean à bord du Pierre-Jean et du Phénix.